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L’accueil familial thérapeutique
L’animal nous entoure, sauvage ou domestique, il est notre quotidien. S’il ne partage pas toujours notre vie à la maison, il est à la télévision, au cinéma ou dans la rue, dans l’art ou la littérature. Ne cachons pas notre intérêt pour lui, nous sommes même un héritier tentant chaque jour de masquer les réminiscences de la bête qui sommeille en nous. Odeurs, système pileux, angoisses et bien d’autres paramètres sont autant d’évidences à oublier. Et pourtant, ce très lointain cousin nous fais du bien. Les effets bénéfiques de l’animal auprès des humains ne font plus aucun doute.
La zoothérapie trouve son origine dans les travaux scientifiques de Boris Levinston, qui, dès 1950 décrit le rôle catalyseur que peut jouer un animal auprès d’une personne plus ou moins vulnérable. Il est par exemple intéressant de voir que l’animal peut servir de soutien émotionnel chez une personne âgée. Le Docteur Levinston a été un des premier à intégrer l’animal dans les séances de zoothérapie et à se servir de celui-ci comme outil thérapeutique complémentaire. Par la suite, l’usage s’est répandu et on a vu progressivement entrer les animaux dans les centres d’hébergements, et autres établissements de santé. Il serait cependant réducteur de ne voir en la zoothérapie que la visite de chiens en milieu hospitalier ou en centre d’accueil.
En janvier 2005, Eric GOBERT, zoothérapeute formé par l’Institut Français de Zoothérapie, agréé famille d’accueil à titre permanent, fonde l’association PAT’ à CŒUR. Dans le cadre des activités de Thérapie Assistée par l’Animal, il propose des séjours en accueil familial thérapeutique pour toute personne en situation de difficulté ou de handicap. La collaboration des animaux de la ferme est primordiale. Lamas, âne, chevaux, lapins, chiens, chats, tous ont été sélectionnés pour leur caractère, et éduqués dans l’optique du contact avec le public en difficulté.
Pourquoi les lamas
Touche de fantaisie, présence particulière, le lama est un animal atypique qui, demande politesse, douceur et patience. Jamais soumis à l’humain, il collabore simplement dans la limite de sa volonté. Sa présence suscite intérêt et curiosité. Son contact reste quelque chose d’inoubliable dans la douceur de son pelage, de son regard et de ses gestes. Distant de nature, il demandera calme et douceur, ce qui oblige le stagiaire à faire un effort sur lui. Mais quelle récompense lorsqu’il vous laisse enfouir vos mains autour de son cou et lorsqu’il vous gratifie d’un murmure, d’un fredonnement puisqu’il ne crie pas. Curieux et alerte, le lama est un excellent animal de thérapie puisque intuitif et curieux avec son environnement et les personnes qui l’entourent. Les lamas semblent ressentir les besoins de l’autre. Ils ne réagissent pas négativement aux gens que d’autres verraient comme différents. Les lamas semblent mettre en évidence la personnalité de la personne la plus timide. Jeunes en situation difficile, enfant handicapé, autiste, trisomique, personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer, personne atteinte de surdité, de cécité, de problème moteur, tous peuvent grâce au lama découvrir quelque chose de nouveau sur soi, sur les autres.
L’éthique des Lamas du Val d’Azun est de respecter scrupuleusement la dignité des personnes et des animaux mis en présence, sans porter préjudice à aucune des deux partie. De plus, l’accueil individuel permet de focaliser l’action et les efforts sur un individu. La qualité de l’accueil prime. Il est impensable d’envisager une zoothérapie de masse dans le cadre d’un accueil familial.
La zoothérapie dans le cadre de l’accueil familial thérapeutique reste donc une intervention individuelle au cours de laquelle un animal sélectionné et entraîné entre en contact avec une personne dont on veut développer le potentiel affectif, moteur, cognitif et social, et ce, avec l’aide d’Eric Gobert, intervenant qualifié.
Qui peut bénéficier de l’accueil familial thérapeutique ?
Les enfants qui manifestent des troubles de comportement, les personnes âgées, tous ceux qui connaissent des handicaps psychiques et mental ainsi que tout autre personne pouvant retirer un bienfait d’une relation homme animal. L’accueil familial thérapeutique peut également apporter une réponse à des problèmes d’apprentissage chez l’enfant, a des troubles de personnalité chez l’adulte ou l’enfant, à ceux qui souffrent de dépression ou d’angoisse.
L’intérêt d’un contact homme animal auprès des personnes âgées avec déficits cognitifs.
La désorganisation du comportement s’accompagne fréquemment d’une grande détresse intérieure chez l’intéressé pouvant s’extérioriser par l’agitation, l’agressivité. La gestion efficace de ces comportements passe souvent par la prise de médicaments. Il est cependant possible d’envisager un accompagnement individualisé par une thérapie alternative. Parmi les thérapies alternatives proposées, la zoothérapie est suggérée comme un complément précieux pouvant contribuer au mieux-être d’un patient agité ainsi qu’à l’amélioration de la qualité de vie d’une unité de soins qui voit un élément perturbateur s’éloigner.
Selon une étude réalisée par Kongable et al. (1989) la présence d’un animal augmente la proportion de comportement sociaux appropriés comme par exemple les sourires, les rires chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer.
Quels sont les autres effets positifs de la présence de l’animal ? -Le bien-être physique et psychologique, -L’augmentation de l’estime de soi, -La création d’un effet calmant et stimulant les réminiscences des expériences passées -Diminution de l’irritabilité chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer -Diminution de la fréquence cardiaque -Diminution de sons inappropriés (cris,etc)
Ces quelques conclusions méritent une attention particulière puisqu’elles supposent que l’animal contribue à créer un environnement calme et rassurant ayant des répercussions directes sur les comportements et l’état émotionnel de la personne atteinte de déficits cognitifs.
Au sein de notre structure, le contact organisé stimule, invite à l’action, réoriente l’attention vers les comportements adéquats et ce par des activités concrètes en relation avec l’animal, comme par exemple le brosser, le nourrir, le flatter. Caresser un lama, prendre un chien ou un chat sur les genoux est un geste simple qui va valoriser les capacités résiduelles. Les activités proposées sont facilement réalisables évitant par là même que la personne agitée cherche des compensations dans des gestes inappropriés (agression verbale, physique, mutisme…)
L’enfant et l’animal
Depuis l’ours en peluche à l’évocation des animaux dans les histoires et les contes, l’animal vivant permet lui aussi à l’enfant de s’accomplir. Plusieurs auteurs suggèrent que les changements ou les enjeux reliés au développement de l’enfant peuvent être facilités par l’animal. Selon Levinson, l’animal ne nourrit pas d’attentes idéalisées envers l’enfant et accepte ce dernier pour ce qu’il est et non pour ce qu’il devrait être. Cette acceptation inconditionnelle permet à l’enfant de se sentir valorisé, aimé, moins jugé, ce qui est important à l’âge scolaire période où sa compétence et son image de soi sont souvent mises à l’épreuve. Ce sentiment est également primordial lorsque l’enfant connaît une situation physique ou psychologique difficile. L’animal ne juge pas.
Selon Bouchard et Delbourg, et George dans leurs différents ouvrages, toucher le chien contribue : -à réduite l’anxiété vécue lors de situation de stress -à développer l’estime de soi -à développer son sens de l’accomplissement -à développer sa responsabilité -à développer sa socialisation et son esprit coopératif -à favoriser les interactions de l’enfant avec son entourage -à satisfaire les besoins affectifs du jeune et plus précisément son envie de communiquer.
Au sein de notre structure, Eric Gobert propose tout une gamme d’activités en lien direct avec les lamas, lapins, âne, chats, chien et cochon nain (les soins au quotidien, le brossage, la marche en longe avec eux…) ou en lien indirect (livre, photos, dessins par exemple) Les activités proposées sont dynamiques afin d’augmenter le niveau d’éveil de l’enfant et développer sa coordination motrice, d’augmenter le contrôle de ses émotions, de favoriser ses habiletés de communication et aussi de diminuer son agitation. Une grille d’évaluation des comportements durant l’activité permet de suivre l’évolution de l’enfant.
Tout au long de son séjour ici, l’enfant vit au milieu des animaux qui suivent son parcours. Les chiens qui le suivent à chaque instant de sa vie deviennent un prétexte pour l’apprentissage de notions plus académiques comme le vocabulaire, la physiologie, le respect de l’environnement mais aussi d’aspects plus implicites comme le respect de l’animal, de l’autre et de soi. Tout au long du séjour, l’enfant est invité à évoluer en coopération avec les personnes en présence (famille, amis, stagiaires).
Conclusions
La zoothérapie appliquée dans le cadre de l’accueil familial thérapeutique doit être considérée comme une activité intéressante dans la gestion de comportements connaissant des déficits physiques ou psychologiques. Personnes âgées, adultes et enfants handicapés, peuvent trouver dans l’accueil familial thérapeutique une solution à l’amélioration de leur qualité de vie. Ainsi, auprès d’une population en difficulté, l’animal procure une source de simulation sensorielle importante de par le contact et les activités qu’il suscite. Les intervenants oeuvrant dans le domaine du handicap peuvent donc considérer la zoothérapie comme une méthode d’intervention efficace et complémentaire.
Bibliographie : Annie Bernatchez. Petitmonde.com Carole Brousseau fondatrice de Zoothérapie Québec : Petitmonde.com Bouchard (1995) Les effets bénéfiques des animaux sur notre santé Kongalate Levinston (1978) Pets and personality Development, Psychological reports Montagner (1995) L’enfant, l’animal et l’école. |
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